E-commerce 6 min de lectureMis à jour le 30 juillet 2026

CGV boutique en ligne : ce qui est obligatoire en France

SA
L'équipe Stackup Agency
Stackup Agency·Mis à jour le 30 juillet 2026· 6 min de lecture

Vendre en ligne sans CGV valides expose à des sanctions allant jusqu'à 3 000€ d'amende (article L113-3 du Code de la consommation) et à l'annulation de ventes en cas de litige. Les CGV ne sont pas qu'un document légal — elles définissent les règles du jeu entre vous et vos clients et vous protègent en cas de désaccord.


Ce que la loi impose

Mentions obligatoires dans les CGV e-commerce

En France, le Code de la consommation impose les éléments suivants dans les CGV d'une boutique en ligne (article L221-5 et suivants) :

1. Identité du vendeur

  • Nom ou raison sociale
  • Adresse géographique et postale (pas une boîte postale)
  • Numéro de téléphone
  • Adresse e-mail
  • Numéro SIRET / RCS
  • Numéro de TVA intracommunautaire (si assujetti)

2. Caractéristiques essentielles des produits/services Description suffisante pour permettre au consommateur de connaître le produit avant l'achat.

3. Prix des produits et livraison

  • Prix TTC (toutes taxes comprises)
  • Frais de livraison détaillés
  • Délai estimé de livraison

4. Modalités de paiement Moyens de paiement acceptés et informations de sécurité (vous n'avez pas à préciser quel prestataire de paiement, mais l'acheteur doit savoir comment payer).

5. Droit de rétractation (14 jours)

  • Délai : 14 jours calendaires à compter de la réception
  • Modalités pour exercer ce droit (formulaire ou e-mail)
  • Qui prend en charge les frais de retour
  • Délai de remboursement (14 jours maximum après réception du retour)
  • Exceptions au droit de rétractation (produits personnalisés, denrées périssables, etc.)

6. Garanties légales

  • Garantie légale de conformité (2 ans)
  • Garantie légale contre les vices cachés

7. Médiation Depuis 2016, vous devez mentionner les coordonnées d'un médiateur auquel le consommateur peut s'adresser gratuitement en cas de litige non résolu.


Les clauses qui vous protègent (et souvent oubliées)

Clause de réserve de propriété

Vous restez propriétaire du bien jusqu'au complet paiement. Si le client ne paie pas, vous pouvez récupérer le bien. Cette clause est particulièrement utile pour les produits chers (meubles, électronique).

Limitation de responsabilité pour force majeure

En cas d'événement imprévisible (grève des transports, pandémie, rupture de stock fournisseur), cette clause limite votre responsabilité sur les délais de livraison.

Clause sur les produits personnalisés

Si vous vendez des produits à la commande ou personnalisés, précisez explicitement qu'ils sont exclus du droit de rétractation (exception légalement autorisée).

Clause de litiges

Indiquez la juridiction compétente en cas de litige. Pour les relations B2C, la clause ne peut pas défavoriser le consommateur (le tribunal de son domicile est compétent par défaut).


Ce que vos CGV ne peuvent pas contenir

Les clauses dites "abusives" sont réputées nulles et non écrites, même si le client les a acceptées :

  • Exclure entièrement votre responsabilité en cas de dommages
  • Permettre de modifier unilatéralement le prix après la commande
  • Réduire le délai de rétractation légal
  • Rendre le client seul responsable des frais de retour sans le préciser clairement

La DGCCRF publie régulièrement des listes de clauses abusives relevées dans les CGV e-commerce. Consultez-les avant de publier les vôtres.


Comment rédiger ses CGV

Option 1 : Générateur en ligne

Des générateurs comme Iubenda, Termly, ou les générateurs proposés par Shopify et WooCommerce produisent des CGV de base conformes à la loi française. Gratuits pour la version de base.

Limites : Les clauses génériques peuvent ne pas couvrir vos spécificités (produits personnalisés, alcool, produits frais, etc.).

Option 2 : Avocat spécialisé en droit numérique

Pour une boutique avec un CA significatif ou des produits à risque : un avocat rédige des CGV sur mesure. Coût : 500 à 2 000€.

Option 3 : Template adapté manuellement

Téléchargez un template certifié (FEVAD — Fédération du e-commerce) et adaptez-le à votre activité. Solution intermédiaire.


Où afficher les CGV sur votre site

Obligatoirement :

  • Lien vers les CGV pendant le processus de commande, avant validation finale
  • Case à cocher "J'ai lu et j'accepte les CGV" (preuve du consentement)
  • Lien en footer accessible sur toutes les pages

Recommandé :

  • Page dédiée /cgv avec URL permanente
  • Lien dans l'e-mail de confirmation de commande

FAQ

Les CGV sont-elles obligatoires pour les auto-entrepreneurs qui vendent en ligne ? Oui, dès que vous vendez à des consommateurs (B2C), quel que soit votre statut juridique. La loi s'applique à l'activité, pas au statut.

Faut-il faire approuver ses CGV par un avocat avant de les publier ? Non, il n'y a pas d'obligation de validation par un professionnel du droit. Mais pour une boutique avec un CA important ou des produits spécifiques (alcool, alimentation, cosmétiques), une vérification par un avocat est fortement recommandée.

Les CGV doivent-elles être mises à jour régulièrement ? Oui, en cas de changement de la loi, d'évolution de votre activité ou de vos conditions de vente. Une mise à jour annuelle est une bonne pratique.

Mon acheteur peut-il retourner un produit après 14 jours ? Non, sauf si vous l'acceptez volontairement (certaines boutiques proposent 30 jours pour fidéliser). Le délai légal est de 14 jours calendaires.

Est-ce que les CGV s'appliquent aux ventes B2B ? Les CGV B2C s'appliquent uniquement aux consommateurs (particuliers). Pour les ventes B2B, vous pouvez avoir des CGV différentes avec des conditions distinctes. L'obligation de droit de rétractation de 14 jours ne s'applique pas aux transactions B2B.

Voir aussi : RGPD et site web, site e-commerce création et nos tarifs boutique en ligne.

Prêt à démarrer votre projet ?

Premier RDV gratuit, devis sous 72h, sans engagement.

Prendre rendez-vous →